Les parents d’Ashlee Shingoose espèrent retrouver le corps de leur fille
Après des années de doutes, les parents d’Ashlee Shingoose ont enfin obtenu la confirmation que leur fille disparue a été la première victime du tueur en série Jeremy Skibicki. La victime, dont l'identité restait inconnue jusqu'à cette semaine, était connue sous le nom de Mashkode Bizhiki'ikwe, ou Buffalo Woman, au sein de la communauté autochtone. Albert Shingoose a passé des années à rechercher sa fille, voyageant à partir de son domicile de St. Theresa Point, dans la Nation Anisininew, pour arpenter les rues de Winnipeg, parfois jusqu'à 3 h ou 4 h du matin. Ashlee Shingoose fait partie des quatre femmes des Premières Nations assassinées par Skibicki à Winnipeg en 2022. Parmi elles, on compte également Morgan Harris, 39 ans, et Marcedes Myran, 26 ans, toutes deux originaires de la Première Nation de Long Plain, ainsi que Rebecca Contois, 24 ans, membre de la Première Nation O-Chi-Chak-Ko-Sipi. Une photo d'Ashlee Christine Shingoose exposée lors de la conférence de presse de mercredi, où il a été annoncé qu'elle était la femme connue sous le nom de Mashkode Bizhiki'ikwe, ou Buffalo Woman. Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik Selon la police, les restes d'Ashlee Shingoose auraient été transportés à la décharge du chemin Brady à Winnipeg en mars 2022, d'après l'heure de sa mort et de nouvelles informations sur l'endroit où ses restes ont été déposés, là où ont été également retrouvés des restes de Rebecca Contois. Une décharge n’est pas un bon endroit pour enterrer ma fille ou n’importe qui d'autre. Le premier ministre du Manitoba, Wab Kinew, a promis mercredi d’effectuer des fouilles dans la décharge du chemin Brady, où demeurent potentiellement les restes de la victime. Quant aux restes de Morgan Harris et de Marcedes Myran, ils ont eux aussi été découverts dans une décharge, celle de Prairie Green, au nord de Winnipeg, à la suite d’une recherche en décembre dernier. Le père d'Ashlee Christine Shingoose lors d'une conférence de presse le 27 mars 2025. Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik En 2023, la police avait déclaré que les échantillons d'ADN prélevés sur les membres de la famille d'Ashlee ne correspondaient pas à l'ADN trouvé sur une veste que Buffalo Woman aurait, selon elle, portée. Cependant, la victime disparue est restée dans l'esprit d'Albert Shingoose. Dans cette entrevue, Albert Shingoose exprimait l'espoir qu'en tant que membre des Premières Nations, M. Kinew – dont le gouvernement venait d'être élu – soutiendrait les recherches pour découvrir les restes de Morgan Harris et de Marcedes Myran dans le centre d'enfouissement de Prairie Green. Lors d'un débat entre les leaders avant l'élection d'octobre 2023, l'ex-première ministre Heather Stefanson avait demandé à M. Kinew pourquoi il était Ashlee Shingoose est portée disparue depuis le mois de décembre 2022. Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio Ashlee venait de la Nation Anisininew de St. Theresa Point, dans le nord-est du Manitoba, mais elle avait déménagé à Winnipeg vers 2016. Mère de trois enfants, elle a été vue pour la dernière fois au centre-ville de Winnipeg le 11 mars 2022. Son père a indiqué que l'absence de logements à St. Theresa Point l'avait poussée à partir. Lui et la mère d'Ashlee, Theresa, partagent un petit bungalow avec huit petits-enfants, certains dormant sur un canapé ou dans la cuisine. Il y a au moins 300 familles sur la liste d'attente pour un logement dans cette Première Nation, qui compte une population d'environ 4000 personnes, selon le gouvernement fédéral. Il dit se souvenir de sa fille comme étant heureuse, extravertie et capable de résoudre les problèmes. Mais elle a perdu la garde de ses enfants lorsqu'elle était à Winnipeg. Elle est alors devenue dépendante aux drogues, selon son père. Sa disparition a été difficile pour la famille et cette tragédie s'est aggravée en mars 2023 lorsque la fille d'Ashlee, Dayna, a été identifiée parmi les deux adolescentes de 14 ans retrouvées mortes à l'extérieur d'une maison à St. Theresa Point. Le chef Elvin Flett avait alors déclaré qu'il croyait que les filles avaient pris de la drogue avant de mourir de froid. Albert Shingoose a expliqué que sa petite-fille était déprimée à cause de la perte de sa mère. Lorsque CBC/Radio-canada a rendu visite à M. Shingoose chez lui en 2023, il n'avait pas cessé de chercher sa fille ni de se battre pour que la décharge soit fouillée, ce qu'il a dit qu'il ferait lui-même. Avec les informations d'Ozten ShebahkegetDésormais, il faut travailler dur pour la [Ashlee Shingoose] ramener à la maison. Nous avons besoin de vous
, implore M. Shingoose.C’est difficile de vivre dans ce doute depuis autant d’années. C’est vraiment difficile, mais j’ai prié constamment
, confie la mère d’Ashlee Singoose.

c’est peut-être elle, peut-être pas
Je n'arrête pas de penser à cette Buffalo Woman. C’est peut-être elle, peut-être pas. Je ne sais pas
, avait confié M. Shingoose à CBC/Radio-Canada en octobre 2023.prêt à risquer 184 millions de dollars et les travailleurs du Manitoba pour une fouille sans garantie de résultat
, évoquant le coût estimé de la recherche.Ils parlent d'argent, ça va coûter beaucoup d'argent pour fouiller cette décharge. Pour moi, c'est comme si la vie n'avait aucune valeur
, avait déclaré Albert Shingoose en 2023.
Elle n’avait nulle part où aller
Si nous avions plus de logements… elle aurait été ici au lieu d'être perdue là-bas
, avait indiqué Albert Shingoose.C’est là qu’on a commencé à la perdre, parce qu’elle n’avait nulle part où aller.
Elle manquait beaucoup à sa maman [et elle me demandait] toujours : "Grand-père, quand vas-tu partir chercher ma maman?"
a raconté Albert Shingoose."Ramène-la à la maison" : c'est ce qu'elle me disait.
J'irai le faire. Je me fiche qu'ils m'arrêtent. J'irai là-bas et je le ferai. J'irai creuser là-dedans et je me moquerai que les flics m'emmènent loin de là, quoi qu'il arrive. Parce que c'est ma fille
, avait-il déclaré.
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